Vous voulez immigrer au Canada ? Encore faut-il déterminer le programme qui vous correspondra le mieux. Or, au commencement, il s’agit de bien distinguer et comprendre les subtilités des deux grandes familles qui composent l’immigration au Canada : l’immigration temporaire et l’immigration permanente. Voici quelques conseils d’expert pour y voir clair.

Résidence temporaire : étudier, travailler ou visiter le Canada

Nul besoin d’être citoyen ou résident permanent pour vivre pleinement une expérience au Canada. Des programmes existent pour vous permettre de visiter le pays, y étudier ou y travailler, pendant une durée limitée, dans le cadre d’une immigration temporaire.

Pour ces statuts temporaires de visiteur, étudiant ou travailleur étranger, vous déclarez aux autorités venir au Canada dans un but précis et, sauf aménagements particuliers, votre activité sera restreinte à l’activité déclarée pendant toute la durée du permis.

Un point crucial à intégrer toutefois est le fait qu’aucune démarche de statut temporaire ne peut être entreprise sans l’obtention préalable d’une lettre d’acceptation dans un établissement d’enseignement, si vous voulez venir étudier, ou d’une offre d’emploi si vous voulez venir travailler.

Pour un travailleur, dans le langage courant nous parlons de permis fermé. C’est-à-dire que le travailleur sera limité à exercer un poste précis, pour une société donnée et sur un lieu déterminé. Il existe bien sûr quelques exceptions (telles que les PVT) et des possibilités de demander des changements une fois sur place.

Quel est l’intérêt du permis temporaire ?

L’une des grandes questions que les candidats à l’immigration ne manqueront pas de se poser est celle de l’avantage de venir au Canada avec un statut temporaire, lorsqu’il est possible de demander la résidence permanente en première intention depuis son pays d’origine – et ainsi s’épargner la volatilité d’un statut temporaire. Or, justement, tout est question d’intention.

Le permis temporaire est conçu pour permettre d’accéder à une première expérience de vie, parfaire une formation ou se familiariser au marché du travail pour donner à son titulaire les moyens de valider ses motivations et ses choix. Dans cette perspective, la notion de délai est très importante. Voilà l’un des arguments des permis temporaires, qui permettent à leur titulaire d’entamer leur projet en quelques semaines ou mois.

À ceux qui décident, après une expérience concluante, de s’installer durablement au Canada, des passerelles existent pour transformer, selon des conditions avantageuses, certains permis temporaires en statuts permanents. Au Québec, par exemple, le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), lequel s’adresse à certains diplômés de la province ainsi qu’aux travailleurs, fait partie des principales initiatives derétention des résidents temporaires.

Résidence permanente : s’installer durablement au Canada

Comme le laisse entendre le nom, la résidence permanente signifie aux autorités que vous désirez vous établir au Canada, sans perspective (immédiate) de retour dans votre pays d’origine.

En tant que résident permanent, vous ne serez pas restreint dans vos activités. En clair, vous vous sentirez comme un Canadien, sans le droit de vote. Sous réserve de respecter votre obligation de résidence effective au Canada de 730 jours par période de 5 ans et de ne pas avoir de problèmes de nature pénale, vous pourrez renouveler votre statut de résident permanent indéfiniment ou devenir citoyen canadien après un certain temps passé au Canada.

Quel que soit le programme sous lequel vous demandez votre résidence permanente, ayez bien à l’esprit qu’il faut compter au moins un an entre la préparation du dossier, sa soumission et son traitement par les autorités. Ce délai d’une année est envisageable pour la résidence permanente demandée sous le programme accéléré de l’Entrée express, applicable dans toutes les provinces sauf au Québec. En effet, l’immigration est une compétence que se partagent les autorités fédérales et provinciales.

Ainsi, si vous souhaitez vous installer au Québec, vous devrez en passer par les deux gouvernements, successivement : le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion Québec (MIDI) et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Si vous présentez une demande depuis votre pays d’origine ou que vous ne remplissez pas les conditions d’accès au PEQ, vous devrez entamer la procédure régulière de sélection permanente auprès du MIDI par une déclaration d’intérêt, déposée sur la nouvelle plateforme Arrima. Ce n’est que sur invitation du MIDI que vous serez ensuite en mesure de présenter formellement votre demande ; un cheminement long, parfois de plusieurs années.

À la différence des statuts temporaires où l’on regarde si vous détenez une offre d’emploi valide ou une acceptation dans un établissement, les autorités évaluent votre candidature à la sélection permanente en fonction de plusieurs critères tels que votre âge, expérience professionnelle, formation initiale ou encore maîtrise des langues officielles du pays, selon un système de points.

Il est fréquent que des projets d’immigration au Canada n’aboutissent pas ou mal, simplement parce que des personnes se sont mal orientées dès le départ et ont fait un choix de programme inadapté à leur situation. Gagner du temps pour immigrer doit passer par une analyse sérieuse de vos options.

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Cet article vise à donner de l’information générale en matière d’immigration au Québec, à en vulgariser les termes et ne peut être considéré comme un avis juridique. Pour toute question spécifique ou pour une opinion juridique, faites-vous accompagner par le cabinet Immetis Services Juridiques inc. et communiquez avec eux à info@immetis.com.