PEQ travailleurs : incertitudes

À compter du 1er novembre, tous les emplois ne permettent plus de demander le Certificat de Sélection du Québec (CSQ) par le Programme de l’Expérience Québécoise (PEQ) – travailleurs. Comme nous vous l’annoncions dès la parution du décret ministériel, seuls ceux figurant sur la présente liste y donnent maintenant accès.


Selon les nouveaux formulaires de demande de PEQ désormais disponibles, une constante régionale semblait être ajoutée à la liste des professions admissibles, puisqu’une une ou plusieurs zones géographiques se trouvent accotées à chacun des postes.

Sur cette liste, seules 13 professions sont visées dans la région de Montréal :

0213 Gestionnaires des systèmes informatiques

0621 Directeurs/directrices – commerce de détail et de gros

1312 Experts/expertes en sinistres et rédacteurs/rédactrices sinistres

2146 Ingénieurs/ingénieures en aérospatiale

2171 Analystes et consultants/consultantes en informatique

2173 Ingénieurs/ingénieures et concepteurs/conceptrices en logiciel

2174 Programmeurs/programmeuses et développeurs/développeuses en médias interactifs

2233 Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel et en génie de fabrication

2271 Pilotes, navigateurs/navigatrices et instructeurs/instructrices de pilotage du transport aérien

3012 Infirmiers autorisés/infirmières autorisées et infirmiers psychiatriques autorisés/ infirmières psychiatriques autorisées

3234 Personnel ambulancier et paramédical

7232 Outilleurs-ajusteurs/outilleuses-ajusteuses

7312 Mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd

Pour consulter l’annexe au formulaire principal de demande du PEQ Employeur daté de novembre 2019 A-0520-IF (2019-11), cliquez-ici.

Faut-il en déduire que seuls ces 13 postes donneraient accès au PEQ travailleurs à Montréal ?

A priori, non…

Nous avons contacté les services du MIFI afin de valider ce point le 2 novembre.

Le MIFI nous a alors répondu que la liste de postes donnant accès au PEQ Travailleurs s’appliquait sans considération de la zone géographique, sans toutefois pouvoir expliquer cette nouvelle annexe.

Lors d’un appel subséquent le 4 novembre, les services du MIFI nous ont précisé que la constante régionale visait simplement à donner une priorité de traitement en fonction des régions. Nous avons demandé accès à ces instructions. Le MIFI a répondu par la négative pour le moment à notre demande.

Le présent article porte sur une actualité récente et est donc susceptible d’être mis à jour à tout moment, dès que l’information qu’il contient aura pu être précisée. Sa dernière mise à jour date du 5 novembre.

Breaking news : le PEQ travailleur est réformé !

Vous en aviez peut-être entendu parler : le décret a été publié ce jour et la réforme annoncée est confirmée. Quels sont les changements affectant le PEQ employeur ?

Le PEQ – Programme de l’expérience québécoise est un dispositif permettant à certains travailleurs bénéficiant d’un permis de travail d’obtenir le Certificat de Sélection du Québec, s’ils peuvent justifier d’un certain nombre de mois en emploi et d’un bon niveau de français oral.

Depuis 2018, les conditions du PEQ s’étaient assouplies, puisqu’il suffisait de cumuler 12 mois en tant que salarié, à raison d’au moins 30 heures par semaine pour pouvoir prétendre au PEQ. Le type d’emploi exercé n’était plus pris en compte.

Voilà qu’il faudra désormais regarder à nouveau la catégorie de poste occupé. Les conditions de connaissances du français se corsent aussi pour les couples.

Explications :

Le changement principal tient au fait que désormais tous les emplois ne donneront plus accès au PEQ. Seuls ceux figurant sur la liste des emplois en demande répertoriés par le ministre en vertu de l’article 28 de la Loi sur l’Immigration.

Quels sont ces emplois ? Pour en consulter la liste, cliquez ici.

Parmi ces emplois, les personnes occupant des postes dits qualifiés (Catégorie 0, A ou B) pourront accéder au PEQ s’ils justifient de 12 mois de travail.

La situation devient plus compliquée pour les travailleurs à des postes de catégorie C ou D, figurant sur la liste des postes en demande, puisqu’eux devront désormais justifier de 18 mois en tant que salarié à raison de 30 heures par semaine.

L’exigence de la connaissance du français se resserre aussi, dans la mesure où lorsqu’un seul dossier est déposé pour un couple : les deux devront justifier d’un niveau oral intermédiaire avancé en langue française, contre le seul répondant précédemment.

La réforme sur ces points entrera en vigueur le 1er novembre 2019, à l’exception des nouvelles exigences sur la connaissance du français pour les époux ou conjoints de fait, lesquelles entreront en vigueur le 1er janvier 2020.

Immigrants-entrepreneurs: pas si évident!

J’ai grandi dans ce qui jadis était une petite ville de la Couronne Nord de Montréal. À l’époque, gastronomie ethnique signifiait manger un plat de pâtes dans un resto italien…appartenant à un Québécois! Aujourd’hui, il suffit d’arpenter les rues de cette même ville, devenue beaucoup plus grande, pour pouvoir y déguster la cuisine de son choix. L’arrivée de nombreux immigrants-entrepreneurs en est la principale raison.

Pourtant, de nos jours, immigrer au Canada en tant qu’immigrant-entrepreneur est loin d’être évident. À titre d’exemple, le titulaire d’un permis de travail émis sous le volet des entrepreneurs désirant exploiter une entreprise commerciale ne verra pas son expérience entrepreneuriale acquise au Canada reconnue dans le cadre du programme de l’Entrée express. Vous pourriez créer 200 emplois bien rémunérés et payer des millions en impôt au Canada que cette expérience ne sera pas reconnue dans le cadre de l’Entrée express.

En pratique, il est vrai qu’il existe des programmes conçus spécifiquement pour les immigrants-entrepreneurs. Or, les frais gouvernementaux de ces programmes sont onéreux, les délais très longs et le processus bureaucratique relève carrément du parcours du combattant. 

Pas convaincu? Prenons l’exemple du Programme des nominés de l’Ontario, Volet des entrepreneurs. Ce volet s’adresse aux entrepreneurs de l’extérieur du Canada qui souhaitent démarrer une nouvelle entreprise ou acheter une entreprise existante en Ontario :

  1. L’entrepreneur doit en premier inscrire sa déclaration d’intérêt via leur site;
  • L’entrepreneur attend ensuite d’être invité par l’Ontario (aucune garantie qu’il le sera);
  • Une fois invité, le demandeur devra acquitter des frais gouvernementaux au montant de 3500 $;
  • Une entrevue de sélection aura ensuite lieu à Toronto. Si l’entrepreneur n’est pas déjà au Canada et qu’un visa de visiteur lui est refusé, et bien tant pis pour lui…. Les frais gouvernementaux ne sont pas remboursables;
  • Partons du principe que le plan d’affaires est approuvé après l’entrevue, un contrat de performance devra alors être signé entre l’Ontario et l’immigrant-entrepreneur (en somme, « tu réussis ton projet d’affaires ou bye bye »);
  • Soyons positifs, le projet est accepté. L’immigrant-entrepreneur devra alors postuler pour un permis de travail (lequel peut toujours être refusé par Immigration Canada) – sans permis de travail, point de statut;
  • Toujours dans un vent d’optimisme (je suis comme ça), le permis de travail est émis. Le candidat aura alors 20 mois pour rencontrer l’ensemble des exigences du contrat de performance;
  • Je sais, je suis très (peut-être trop) optimiste mais je pars du principe que notre immigrant-entrepreneur réussit à atteindre les cibles du contrat de performance après seulement une année. Il postule donc (enfin) pour sa nomination par l’Ontario;
  • Quelques mois plus tard, notre ami entrepreneur obtient enfin sa nomination par l’Ontario.  Euréka n’est-ce pas?  Hum, pas trop vite….
  1. Il faut maintenant demander la résidence permanente auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Délai de traitement : 15 à 19 mois – Frais de traitement : 1125 $!

Soyons honnêtes, il faut vraiment le vouloir…. Ne serait-il pas plus simple de permettre à l’immigrant-entrepreneur de se voir reconnaître l’expérience entrepreneuriale acquise au Canada via l’Entrée express (délais de six mois pour devenir résident permanent)?

Immigrer au Canada sans avocat

Bien entendu, nous avons tous à cœur de gérer notre argent avec rigueur. C’est pourquoi on nous pose souvent la question à savoir si les services d’un avocat sont réellement requis afin de présenter une demande d’immigration au Canada. Établissons d’emblée qu’à l’instar de toute procédure juridique, le recours aux services d’un avocat est facultatif et à l’entière discrétion du demandeur.

Une question de budget avant tout

Imaginons que les services d’un avocat étaient gratuits. J’imaginerais mal en cas pareil un demandeur s’en passer délibérément. Après tout, pourquoi se priver de l’expertise juridique d’un avocat qui représente des demandes d’immigration à longueur de journée alors que pour la plupart des individus, il s’agira d’une première (et probablement dernière) expérience en la matière. La question n’est donc pas de déterminer si les services d’un avocat sont utiles mais plutôt si vous êtes prêts à y affecter le budget.

Simple ou complexe?

Est-ce simple d’immigrer au Canada?  Oui et non.  Mettons certaines choses en perspective pour bien y voir clair :

  • La plupart des provinces canadiennes ont leurs propres programmes d’immigration;
  • Le Gouvernement du Canada peut également sélectionner des immigrants;
  • Il y a actuellement plus de 80 programmes permettant de devenir résident permanent du Canada.

Le site Internet d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada compte d’ailleurs des dizaines de milliers de pages contenant parfois des informations qui peuvent sembler contradictoires. Il peut donc être fort utile de considérer au minimum une première consultation avec l’avocat afin d’y voir clair dans ses options. Une fois le bon programme identifié, le demandeur peut ensuite prendre une décision éclairée à savoir s’il ou elle juge pertinent d’être assisté par avocat dans la procédure.

Immigration et criminalité : le Ministère est-il trop sévère?

Établissons un point dès le départ; personne ne souhaite voir des criminels entrer au Canada. Cependant, je pense qu’il devrait y avoir une forme de nuance à faire entre un meurtre et la conduite en état d’ébriété, par exemple.

Je ne souhaite nullement minimiser l’impact de la conduite avec les facultés affaiblies, laquelle est une problématique sérieuse. Cependant, il serait pertinent de se questionner si le ressortissant étranger qui possède un casier pour conduite avec les facultés affaiblies (ou garde et contrôle) constitue réellement une menace pour le Canada.

Amendements au Code criminel et ses impacts en immigration

Avant les récents amendements au Code criminel, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada avait comme politique de permettre l’admission au Canada aux ressortissants qui n’avaient qu’une condamnation de cette nature, moyennant un frais supplémentaire. Un permis de séjour temporaire était alors émis, permettant ainsi à une personne autrement inadmissible d’entrer au Canada temporairement.

Or, des pénalités plus sévères pour conduite avec facultés affaiblies sont imposées depuis le 18 décembre 2018. La peine maximale pour ce type d’infraction est passée de 5 ans à 10 ans. Ce faisant, l’infraction devient automatiquement de la « grande criminalité » en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, entraînant ainsi son lot de conséquences potentielles pour le ressortissant étranger, notamment :

  • Possible perte du statut de résident permanent;
  • Inadmissibilité à demander la citoyenneté canadienne pendant une certaine période;
  • Interdiction potentielle de séjour au Canada ou expulsion possible du pays;
  • Impossibilité d’être considéré automatiquement réhabilité après 10 ans;
  • Fardeau de preuve nettement plus élevé pour obtenir un permis de séjour temporaire.

Peu de gens savent qu’au Canada, la notion de « conduite » au sens du Code criminel comprend également la « garde ou le contrôle ». Disons que par soucis de prudence, vous décidiez de dormir dans votre véhicule, le temps de dégriser. Et bien vous risquez des accusations criminelles pour garde et contrôle. Si peu de canadiens sont au courant de cette disposition du Code criminel, imaginez les ressortissants étrangers.

Bien qu’un permis de séjour temporaire puisse toujours être émis, l’obtention de celui-ci n’est plus automatique. Le fardeau de démontrer que le ressortissant étranger n’est pas une menace pour le Canada est devenu beaucoup plus lourd depuis l’introduction des nouvelles dispositions du Code criminel. De plus, auparavant, 10 ans après la fin de la sentence imposée (ex : suspension du permis de conduire), le ressortissant étranger était automatiquement présumé réhabilité, donc éligible à entrer au Canada sans autres formalités. Ce n’est plus le cas dorénavant.

Le résident permanent canadien lui, risque de la perte de son statut. Un tel retrait s’ajouterait donc à la sentence déjà imposée au niveau criminel, ce qui nous appert exagéré.

La question se pose donc légitimement, devrions-nous revoir la notion de « grande criminalité » au sens de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés afin de permettra une plus grande souplesse dans le cadre de certaines infractions, notamment la conduite avec les facultés affaiblies?

L’importance de postuler tôt pour votre Autorisation de voyage électronique (AVE)

Plusieurs ressortissants étrangers croient que l’Autorisation de voyage électronique n’est qu’une simple formalité administrative. Dans la majorité des cas, l’AVE sera effectivement émise très rapidement et sans embûches.  Toutefois, mieux vaut postuler plus tôt que tard car dans certains cas, certes plus rares, il peut s’écouler plusieurs semaines avant l’émission d’une AVE. 

Il est donc fortement suggéré de ne pas réserver ses billets d’avion avant d’avoir obtenu son Autorisation de voyage électronique.  Cette AVE est envoyée exclusivement par courrier électronique et elle est obligatoire afin de prendre un vol pour le Canada.

Certains facteurs hors du contrôle d’un postulant peuvent influer sur le délai d’obtention de l’Autorisation de voyage électronique, notamment si le ressortissant étranger possède le même nom ou un nom très proche de quelqu’un qui fait l’objet d’un mandat d’arrestation ou qui est considéré comme une « personne d’intérêt » par les services de sécurité canadien.

De plus, l’AVE est considérée comme une demande d’immigration formelle (immigration temporaire) au même titre qu’une demande de visa. Ainsi, une fausse déclaration ou une déclaration erronée peut entraîner son refus, voir même une interdiction de territoire pour une période donnée (interdiction d’entrée ou demeurer au Canada).

Postuler pour une AVE se fait exclusivement en ligne et le processus est simple. Rares sont les avocats qui sont requis d’assister dans le cadre de ce processus, sauf en cas de pépin avec la demande. Soyez toutefois très vigilant car plusieurs sites non-officiels offrent, en échange de quelques dollars bien entendu, de postuler pour vous. Plusieurs clients nous ont rapporté s’être fait avoir par de tels sites.

Pour postuler pour votre AVE – cliquer ici

Immigration : un labyrinthe bureaucratique ?

Radio-Canada titrait récemment que le système des demandes d’asile était un véritable labyrinthe bureaucratique. L’article faisait suite à un un rapport de l’Institut de politique publique de l’Université de Calgary. Or, ce n’est pas que le système d’asile qui est un labyrinthe bureaucratique, c’est tout le système d’immigration canadien.

D’emblée, reconnaissons que le Canada jouit d’une réputation très enviable en matière d’immigration. Le pays a récemment fait l’objet d’éloge de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), laquelle a désigné le Canada comme un chef de file mondial en la matière. Cela ne veut toutefois pas dire que la machine bureaucratique fonctionne à merveille.

Puisque mes années de jeunesse sont derrière moi, j’ai de nouveau hobbies moins palpitants j’en conviens, notamment je construis des bases de données dans mes temps libres.  Oui, je sais… Bref, j’ai répertorié l’ensemble des diverses politiques en matière de permis de travail et d’exemptions de permis de travail ainsi que passé en revue tous les programmes d’immigration, quelques soit le volet et la province. Pour ceux qui ne dorment pas encore à cette étape, voici le fruit de cet excitant travail :

  • Il existe (roulement de tambour) 177 différentes politiques de permis de travail et exemptions, toutes sujettes à interprétation selon l’agent d’immigration qui étudiera la demande;
  • Au niveau des volets d’immigration permanente, tous confondus, on parle de 84 programmes;

C’est pourquoi on parle de l’émergence d’un réel droit de l’immigration tellement la machine bureaucratique est devenue complexe. Si le droit de l’immigration est devenu si complexe, c’est en partie parce que les autorités cherchent à combler divers besoins, par exemple attirer davantage d’immigrants en région, attirer des francophones hors Québec, etc.

L’objectif est louable, toutefois un ménage s’impose à notre avis. À 84 programmes d’immigration permanente et 177 permis de travail et exemptions, difficile de se représenter soi-même sans s’y perdre.

Immigration : les contradictions du Québec

Délais inutiles, programmes à succès suspendus: drôle de message

Les médias titraient récemment que si la tendance se maintient, en 2066, il y aura au Québec 89 jeunes enfants et aînés (donc pas ou moins en âge de travailler) pour 100 personnes de 20 à 64 ans.

Il ne sera alors certes pas aisé pour les travailleurs et entrepreneurs de 20 à 64 ans de financer et de maintenir le filet social québécois.

Le gouvernement est conscient de cette problématique, et l’immigration est bien entendu une des solutions envisagées.

Le Québec cherche donc de jeunes travailleurs, francophones de préférence, qui pourront contribuer à faire prospérer la province.

Envoyer le mauvais message

Pourtant, les signaux sont mixtes du côté du ministère de l’Immigration du Québec. D’une main, on fait des campagnes de promotions dans la francophonie. De l’autre, on rejette 18 000 demandes représentant 50 000 candidats à l’immigration.

De plus, contre toute attente, le ministère a annoncé récemment la suspension, pour minimalement 4 mois, du programme de l’expérience québécoise, volet des étudiants. Rien de mieux que de passer une telle mesure l’été, quand personne ne porte trop attention (encore moins les étudiants).

Des travailleurs déjà formés chez nous

Ce programme est une voie rapide permettant notamment aux étudiants étrangers ayant complété un diplôme admissible de se voir sélectionnés par le Québec en priorité.

Donc, l’étudiant qui vient de compléter son baccalauréat de premier cycle universitaire par exemple, devra attendre plusieurs mois supplémentaires avant de pouvoir demander sa sélection permanente au Québec.

Bien que ces étudiants étrangers soient éligibles à un permis de travail post-diplôme leur permettant de travailleur, le ministère vient d’ajouter au moins 4 mois à un processus déjà très (trop) long d’obtention de la résidence permanente.

Les délais de traitement, le nerf de la guerre

Pour donner une idée de grandeur, l’étudiant étranger francophone qui a complété sa formation académique en Ontario, lui pourra espérer obtenir la résidence permanente au Canada, via le programme de l’Entrée express, dans un délai de 4 à 6 mois.

Prenant ce même étudiant, au Québec cette fois, il devra attendre environ 24 mois (portions Québec et fédéral). Disons que la rivière entre Gatineau et Ottawa vient de s’agrandir… Le ministère de l’Immigration du Québec vient maintenant d’ajouter un autre 4 mois, minimum, à ce processus.

Programme à succès suspendu

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la décision de suspendre ce programme, pourtant un franc succès, paraît contradictoire.

Le Québec peine déjà à retenir ses étudiants étrangers, la province accusant du retard face à l’Ontario notamment. Cette annonce n’augure rien de positif pour convaincre les étudiants étrangers de choisir le Québec comme terre d’accueil.

Considérez l’Ontario

Dans notre pratique de tous les jours, nous encourageons régulièrement les francophones à considérer d’autres provinces que le Québec.

Non pas que nous ne souhaitons pas encourager la belle province dans ses efforts pour attirer des immigrants, mais la réalité du terrain fait en sorte que les embûches au processus d’immigration et les délais en sont un frein certain.

Même le nouveau portail Arrima a une «salle d’attente virtuelle»… une sorte d’avertissement de ce qui attend le candidat s’il postule au Québec!

MIDI – Nouvelle décision ministérielle

Mauvaise nouvelle pour les Jeunes diplômés du Québec, le MIDI vient d’annoncer qu’il suspendait temporairement la réception des demandes de Certificat sélection du Québec (CSQ) présentées dans le cadre du volet des Diplômés du Québec du Programme de l’expérience québécoise PEQ. Concrètement, le MIDI ne recevra plus de demandes de PEQ Étudiants entre le 10 juillet 2019 au 1er novembre 2019.

Voici le communiqué en intégralité :

Madame,

Monsieur,

Par la présente, nous souhaitons vous informer qu’en date du 10 juillet 2019, une nouvelle décision ministérielle a été publiée. Cette dernière modifie la Décision concernant la réception et le traitement des demandes de sélection pour les ressortissants étrangers de la catégorie de l’immigration économique et des demandes d’engagement présentées dans le cadre du volet du parrainage collectif du Programme de sélection des personnes réfugiées à l’étranger.

Par cette nouvelle décision, le ministre suspend temporairement la réception des demandes d’immigration permanente dans le volet Diplômés du Québec du Programme de l’expérience québécoise afin de donner la priorité à la sélection de personnes qui occupent un emploi au Québec au cours de cette période. Cette suspension est en vigueur du 10 juillet 2019 au 1er novembre 2019.

Au cours de la période visée par la suspension temporaire, les diplômés du Québec qui ont séjourné au Québec dans le but principal d’y étudier ne pourront pas présenter une demande au PEQ dans le volet Diplômés du Québec. Toutefois, s’ils respectent les exigences du volet travailleurs étrangers temporaires du PEQ, notamment celle d’avoir occupé un emploi pendant au moins 12 mois et celle d’être en emploi au moment de la présentation de la demande, ils pourront déposer une demande dans ce volet. Par ailleurs, pour pouvoir demeurer au Québec pendant cette période de suspension temporaire, les diplômés du Québec peuvent faire une demande de permis de travail postdiplôme auprès du gouvernement du Canada.

Deux exceptions à cette suspension sont toutefois prévues. N’est pas concerné par cette suspension temporaire de réception des demandes et peut présenter une demande de sélection au PEQ — volet Diplômés du Québec entre le 10 juillet et le 1er novembre 2019 :

1-    Le diplômé qui a un permis de travail valide en date du 10 juillet 2019 et qui expire avant le 1er novembre 2019.

2-    Le candidat dont la demande de sélection a pris fin en vertu de la Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes (2019, chapitre 11). Dans ce cas, soit :

a)    sa demande de sélection permanente ayant pris fin a été présentée au ministre en application de l’article 5.01 du Règlement sur la sélection des ressortissants étrangers (chapitre I‑ 0.2, r. 4) ;

ou soit :

b) il séjournait au Québec le 16 juin 2019 alors qu’il était titulaire d’un permis d’études ou de travail délivré en vertu du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (DORS/2002-227). 

Nous vous remercions de votre habituelle collaboration.

Veuillez agréer l’expression de nos sentiments distingués.