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Immigration : les contradictions du Québec

Délais inutiles, programmes à succès suspendus: drôle de message

Les médias titraient récemment que si la tendance se maintient, en 2066, il y aura au Québec 89 jeunes enfants et aînés (donc pas ou moins en âge de travailler) pour 100 personnes de 20 à 64 ans.

Il ne sera alors certes pas aisé pour les travailleurs et entrepreneurs de 20 à 64 ans de financer et de maintenir le filet social québécois.

Le gouvernement est conscient de cette problématique, et l’immigration est bien entendu une des solutions envisagées.

Le Québec cherche donc de jeunes travailleurs, francophones de préférence, qui pourront contribuer à faire prospérer la province.

Envoyer le mauvais message

Pourtant, les signaux sont mixtes du côté du ministère de l’Immigration du Québec. D’une main, on fait des campagnes de promotions dans la francophonie. De l’autre, on rejette 18 000 demandes représentant 50 000 candidats à l’immigration.

De plus, contre toute attente, le ministère a annoncé récemment la suspension, pour minimalement 4 mois, du programme de l’expérience québécoise, volet des étudiants. Rien de mieux que de passer une telle mesure l’été, quand personne ne porte trop attention (encore moins les étudiants).

Des travailleurs déjà formés chez nous

Ce programme est une voie rapide permettant notamment aux étudiants étrangers ayant complété un diplôme admissible de se voir sélectionnés par le Québec en priorité.

Donc, l’étudiant qui vient de compléter son baccalauréat de premier cycle universitaire par exemple, devra attendre plusieurs mois supplémentaires avant de pouvoir demander sa sélection permanente au Québec.

Bien que ces étudiants étrangers soient éligibles à un permis de travail post-diplôme leur permettant de travailleur, le ministère vient d’ajouter au moins 4 mois à un processus déjà très (trop) long d’obtention de la résidence permanente.

Les délais de traitement, le nerf de la guerre

Pour donner une idée de grandeur, l’étudiant étranger francophone qui a complété sa formation académique en Ontario, lui pourra espérer obtenir la résidence permanente au Canada, via le programme de l’Entrée express, dans un délai de 4 à 6 mois.

Prenant ce même étudiant, au Québec cette fois, il devra attendre environ 24 mois (portions Québec et fédéral). Disons que la rivière entre Gatineau et Ottawa vient de s’agrandir… Le ministère de l’Immigration du Québec vient maintenant d’ajouter un autre 4 mois, minimum, à ce processus.

Programme à succès suspendu

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la décision de suspendre ce programme, pourtant un franc succès, paraît contradictoire.

Le Québec peine déjà à retenir ses étudiants étrangers, la province accusant du retard face à l’Ontario notamment. Cette annonce n’augure rien de positif pour convaincre les étudiants étrangers de choisir le Québec comme terre d’accueil.

Considérez l’Ontario

Dans notre pratique de tous les jours, nous encourageons régulièrement les francophones à considérer d’autres provinces que le Québec.

Non pas que nous ne souhaitons pas encourager la belle province dans ses efforts pour attirer des immigrants, mais la réalité du terrain fait en sorte que les embûches au processus d’immigration et les délais en sont un frein certain.

Même le nouveau portail Arrima a une «salle d’attente virtuelle»… une sorte d’avertissement de ce qui attend le candidat s’il postule au Québec!

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