PEQ : faut‑il attendre une éventuelle réouverture ?
Au cours des dernières semaines, plusieurs médias ont évoqué la possibilité d’une réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), éventuellement accompagnée d’une clause de droits acquis (« clause grand‑père »), à la suite de l’élection de la Première ministre Christine Fréchette le 12 avril 2026.
Ces perspectives trouvent leur origine dans les prises de position exprimées par Mme Fréchette lors de la course à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ). Cette course visait a désigner le nouveau pour élire le nouveau premier ministre, à la suite de la démission de l’ancien premier ministre François Legault. Mme Fréchette s’était alors montrée attentive aux préoccupations des résidents temporaires déjà établis au Québec après l’arrêt soudain du PEQ à la fin de l’année 2025.
L’intérêt médiatique s’est intensifié avec l’ouverture de la nouvelle session parlementaire le 5 mai 2026. Et il s’est renforcé avec la nomination de François Bonnardel au poste de ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.
Selon certaines déclarations rapportées, le gouvernement pourrait relancer le PEQ pour une période de deux ans. Toutefois, aucune annonce officielle ne confirme à ce jour les modalités concrètes d’une telle réouverture.
Quels volets seraient concernés ?
Avant son abolition, le PEQ comprenait deux volets :
- Diplômés du Québec
- Travailleurs qualifiés
Les deux volets ont été officiellement abolis le 19 novembre 2025, bien qu’ils aient été suspendus antérieurement :
- Volet Diplômés du Québec : suspension le 31 octobre 2024
- Volet Travailleurs qualifiés : suspension le 5 juin 2025
À ce stade, il demeure impossible de déterminer quel(s) volet(s) pourrait(aient) être réactivé(s). La relance pourrait se limiter au volet Travailleurs qualifiés, notamment sous la pression des milieux économiques, ou inclure les deux volets simultanément.
Qui serait admissible ?
L’incertitude est tout aussi marquée concernant les catégories de personnes qui pourraient bénéficier d’une éventuelle réouverture.
La Première ministre a évoqué l’idée « d’offrir une clause de droits acquis à ceux qui n’avaient pas encore postulé au programme au moment de sa fermeture ». Toutefois, plusieurs questions demeurent sans réponse :
- La clause viserait‑elle les personnes présentes avant la suspension du programme ou seulement avant son abolition officielle ?
- Les critères d’admissibilité antérieurs seraient‑ils maintenus ou modifiés ?
Quand ?
Aucune date n’a encore été annoncée concernant une éventuelle relance du PEQ ou l’ouverture de nouvelles périodes de dépôt des demandes. De plus, aucune information n’a été communiquée quant :
- aux délais de traitement,
- au traitement des demandes en attente ou des profils déjà présents dans les systèmes d’immigration.
Il convient également de souligner que les délais pourraient être plus longs qu’avant l’abolition du programme. D’autant plus que le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) demeure actif et mobilise probablement l’essentiel des ressources administratives.
Un contexte politique et migratoire toujours incertain
La Première ministre a confirmé son intention de maintenir la cible annuelle d’admission à 45 000 nouveaux résidents permanents. Parmi eux, 29 000 relèveraient de l’immigration économique, via le PSTQ et une éventuelle relance du PEQ.
Le gouvernement se trouve dans un contexte délicat en raison de l’approche des élections provinciales prévues le 5 octobre 2026.
À ce stade, aucun texte réglementaire ni communication officielle ne vient appuyer concrètement une réouverture du PEQ, en dehors de déclarations politiques.
Faut‑il attendre une éventuelle réouverture du PEQ ?
À l’heure actuelle, la seule voie permettant d’obtenir un Certificat de sélection du Québec (CSQ) — étape incontournable vers la résidence permanente — demeure le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Dans ce contexte, il est généralement plus prudent d’agir dès que l’on est admissible ou d’entreprendre des démarches afin de maintenir un statut légal au Québec, plutôt que d’attendre :
- une réouverture hypothétique du PEQ,
- ou l’adoption d’une clause de droits acquis dont les modalités demeurent inconnues et incertaines.
Autrement dit, en matière d’immigration québécoise, l’anticipation et l’action proactive demeurent les stratégies les plus sûres face à une réglementation en constante évolution.