mars 19, 2026

Permis d’études : comment venir étudier au Canada en 2026

Chaque année, le Canada continue de faire rêver de nombreux étudiants internationaux, qui souhaitent s’y installer pour leurs études supérieures. Malgré l’attractivité de ce projet, les futurs étudiants doivent composer avec des règles qui ont considérablement évolué. Entre autres, le gouvernement canadien a réduit le nombre de permis d’études délivrés chaque année, renforcé les exigences financières et modifié les conditions permettant de travailler en parallèle de sa formation.

Voici tout ce que vous devez savoir pour vous préparer à venir étudier au Canada.

Les étapes pour venir étudier au Canada

Trouver une formation et un établissement d’enseignement

La première étape consiste à être admis dans un établissement d’enseignement désigné (EED). Autrement dit, vous devez obtenir une lettre d’acceptation officielle avant même d’envisager une demande de permis d’études. Attention, l’établissement doit nécessairement être reconnu comme EED pour pouvoir poursuivre les démarches.

Cette étape doit généralement être complétée en fin d’année civile, pour envisager une rentrée l’année suivante.

Une fois acceptée, il est temps de lancer vos démarches d’immigration, sans trop attendre. Au Québec, une demande de permis d’études se fait en deux étapes, à savoir le palier provincial, puis le palier fédéral. Dans les autres provinces, la demande se fait directement au palier fédéral.

Chaque année, au printemps, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) du côté du fédéral, ainsi que le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) du côté de la province du Québec traitent un volume très élevé de demandes de permis d’études. Les délais de traitement peuvent alors passer de quelques semaines à plusieurs mois, raison pour laquelle il est fortement recommandé d’entamer vos démarches d’immigration dès que vous recevez votre admission dans un établissement d’enseignement.

Lancer ses démarches d’immigration

La seconde étape consiste donc à lancer ses démarches d’immigration pour l’obtention d’un permis d’études.

Pour étudier au Québec, cela consiste à :

  • Présenter une demande de Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) au MIFI ;
  • Une fois délivré, présenter une demande de permis d’études à IRCC

Ailleurs au Canada, il convient de présenter directement sa demande de permis d’études à IRCC. Toutefois, depuis 2024, une étape supplémentaire s’est ajoutée : la lettre d’attestation provinciale ou territoriale (LAP/LAT). Cette lettre vise à confirmer que l’une des places d’études disponibles dans cette province ou ce territoire vous a été attribuée.

Dans la plupart des provinces, elle est obligatoire pour déposer une demande de permis d’études. Au Québec, la lettre d’attestation provinciale est délivrée conjointement avec le Certificat d’acceptation du Québec (CAQ).

Certains étudiants sont exemptés d’obtenir un LAP/LAT, notamment :

  • Les étudiants en préscolaire, primaire (maternelle comprise) ou secondaire (jusqu’à la 12e année) ;
  • Les étudiants inscrits à une maîtrise ou un doctorat dans un établissement public (depuis le 1er janvier 2026)

D’autres exemptions spécifiques s’appliquent. Toutefois, il est recommandé de vous rapprocher d’un professionnel en immigration si vous pouvez être visé par une telle exemption.

Dès l’obtention de votre lettre d’attestation provinciale ou territoriale (LAP/LAT), et/ou du CAQ pour le Québec, la dernière étape sera de soumettre votre demande de permis d’études. Il est vivement recommandé de la soumettre sans délai, pour aborder sereinement la rentrée scolaire et ne pas risquer de ne pas obtenir votre permis à temps.

Ne pas négliger la preuve de fonds

Que vous présentiez votre demande au Québec ou ailleurs, vous devrez prouver que vous disposez de fonds financiers suffisants. Ces fonds sont pour payer vos frais de scolarité et subvenir à vos besoins pendant toute la durée de votre séjour au Canada.

Au Québec, les preuves de capacité financières sont requises lors de la demande de CAQ.

Des exigences financières plus élevées

Au palier fédéral, les exigences financières ont augmenté depuis le 1er septembre 2025. Pour une année d’études, un étudiant doit désormais démontrer qu’il dispose d’environ 22 895 CAD. Ce montant n’inclut pas les frais de scolarité ni les frais de transport international.

Au Québec, les montants ont été revus à la hausse en 2026 afin de mieux refléter le coût réel de la vie, notamment dans les grandes villes. Depuis le 1er janvier 2026, un étudiant venant seul au Québec doit prouver qu’il possède 24 617 CAD, en plus des frais de scolarité. Ces sommes visent à couvrir l’alimentation, le logement, les transports, les vêtements, l’assurance maladie et les dépenses essentielles du quotidien.

Parmi les preuves qui peuvent être fournies, nous pouvons citer :

  • La preuve d’un prêt étudiant émit par une banque ;
  • Vos relevés bancaires (de votre compte bancaire au Canada ou à l’étranger) des 6 derniers mois ;
  • Une preuve de soutien financier par une personne tierce, incluant la déclaration de soutien financier, et des preuves de ressources pour cette personne (liste identique aux preuves acceptées au nom du demandeur du permis d’études).

Veiller à bien vous renseigner sur les preuves de ressources financières acceptées au palier fédéral comme au palier fédéral pour vous assurer de pouvoir les réunir.

Travailler au Canada avec un permis d’études

Pour avoir le droit de travailler au Canada pendant vos études, votre permis d’études doit mentionner des conditions précises autorisant le travail sur le campus, hors campus ou les deux.

Il est important de noter qu’un étudiant étranger ne peut pas commencer à travailler avant le début officiel de ses études.

Travail sur le campus

Vous pouvez travailler sur le campus sans permis de travail supplémentaire si vous êtes étudiant postsecondaire à temps plein, que vous détenez un permis d’études valide et que vous avez un numéro d’assurance sociale (NAS).

Le travail « sur le campus » se limite aux bâtiments situés sur le campus de votre établissement où vous êtes inscrit. En règle générale, l’employeur doit être l’établissement d’enseignement lui-même ou une organisation étudiante. Certaines exceptions existent, notamment pour les postes d’assistant à l’enseignement, d’assistant de recherche ou les emplois liés à une subvention de recherche.

Par exemple, un emploi au sein de l’association étudiante de votre établissement est considéré comme du travail sur le campus.

Travail hors campus

Le travail hors campus est également possible sans permis de travail distinct, à condition que cela soit indiqué sur les conditions de votre permis d’études.

Vous devez être étudiant à temps plein dans un EED, inscrit dans un programme admissible d’au moins six mois menant à un diplôme ou à un certificat, et posséder un NAS. Au Québec, certains programmes de formation professionnelle de niveau secondaire sont aussi admissibles.

Les étudiants à temps partiel peuvent travailler hors campus uniquement s’il s’agit de leur dernier semestre, à condition qu’ils aient été étudiants à temps plein durant toute la durée de leur programme.

Pendant les sessions d’études, le travail hors campus est limité à 24 heures par semaine.
Pendant les congés scolaires prévus au calendrier (vacances d’été, d’hiver, semaines de lecture), vous pouvez travailler à temps plein, à condition d’être étudiant à temps plein avant et après ces congés.

Un emploi de vente ou de commis dans une épicerie située hors campus constitue par exemple du travail hors campus. Vous devez cesser de travailler si vous perdez votre statut d’étudiant à temps plein, si votre permis expire, si vous prenez un congé autorisé ou si vous changez d’établissement sans être inscrit aux études. Si votre permis ne contient pas les conditions nécessaires, il est possible de demander une modification auprès d’IRCC.

Travailler après vos études : le permis de travail postdiplôme (PTPD)

Après vos études, vous pouvez immédiatement travailler à temps plein si :

  • Vous étiez autorisé à travailler hors campus durant vos études ;
  • Vous avez déposé une demande de permis de travail, incluant une demande de PTPD avant l’expiration de votre permis d’études ; ET
  • que vous êtes en attente d’une décision sur cette demande de permis de travail.

Le PTPD en détail : durée et conditions

Le permis de travail postdiplôme (PTPD) permet aux diplômés d’un EED admissible de demeurer au Canada après leurs études pour y travailler.

La durée du PTPD qui pourra vous être délivré dépend de votre programme d’études, de sa durée, ainsi que de la date d’expiration de votre passeport. Un permis ne pouvant jamais être délivré au-delà de la date de validité du passeport du demandeur.

Pour les programmes de maîtrise, vous pourriez obtenir un PTPD d’une durée maximale de trois ans, même si la durée réelle de votre programme était inférieure à deux ans.

Pour tous les autres programmes, la durée du PTPD est directement liée à la durée des études :

  • Un programme d’une durée de deux ans ou plus peut donner droit à un PTPD d’une durée maximale de trois ans
  • Un programme d’au moins huit mois, mais de moins de deux ans donne droit à un permis valide pour la durée exacte du programme.

Par exemple, un programme de neuf mois donnera doit à un PTPD valide pour un maximum de neuf mois.

Il est important de noter que vous ne pouvez obtenir un permis de travail postdiplôme qu’une seule fois.

Pour être admissible, vous devez :

  • Avoir terminé un programme d’au moins 8 mois (ou 900 heures au Québec) ;
  • Avoir conservé un statut d’étudiant à temps plein pour tous les semestres ;
  • Présenter votre demande dans les 180 jours suivant la confirmation de réussite de votre programme. Votre permis d’études doit également avoir été valide au cours de cette période.

PTPD : des exigences linguistiques à anticiper

Pour pouvoir obtenir un PTPD, les diplômés de programmes universitaires (baccalauréat, maîtrise, doctorat) doivent démontrer un niveau 7 en français ou en anglais dans les quatre compétences, à savoir la compréhension et l’expression écrites comme orales.

Pour les autres programmes universitaires, il faut démontrer un niveau 7 dans l’une des deux langues, et ce, dans les quatre compétences. Cette exigence s’applique uniquement si le diplôme appartient à l’un des domaines d’études admissibles selon la Classification des programmes d’enseignement (CPE).

Pour les programmes collégiaux ou non universitaires, le niveau requis est généralement de 5 dans l’une des deux langues. Cette exigence s’applique uniquement si le diplôme figure parmi les domaines d’études admissibles selon la Classification des programmes d’enseignement (CPE).

Les conjoints des étudiants internationaux : un accès plus restreint au permis de travail ouvert qu’auparavant

Au cours des dernières années, les règles entourant le permis de travail ouvert (PTO) pour les conjoints d’étudiants internationaux ont été considérablement resserrées.

Désormais, pour que votre conjoint accompagnant puisse espérer obtenir un PTO et s’installer au Canada avec vous, vous devez :

  • Être inscrit à un programme de maîtrise d’une durée minimale de 16 mois ;
  • À un doctorat ; OU
  • À certains programmes professionnels admissibles (par exemple en santé, en droit, en ingénierie ou en éducation).

Les conjoints d’étudiants inscrits à des programmes plus courts, comme plusieurs certificats ou diplômes d’études supérieures, ne sont pas admissibles à un permis de travail ouvert. Ils doivent donc effectuer leurs propres démarches d’immigration.

L’accès à la résidence permanente après les études

Le permis de travail postdiplôme joue un rôle central dans l’accès à la résidence permanente. Car il permet d’acquérir une expérience de travail canadienne qualifiée. Cette expérience est un élément clé dans plusieurs programmes d’immigration.

Cette expérience peut ensuite vous rendre admissible à différentes voies. Elle est notamment reconnue dans le cadre de l’Entrée express, par le biais de la Catégorie de l’expérience canadienne. ou, au Québec, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui permet d’obtenir un Certificat de sélection du Québec (CSQ) avant le dépôt de la demande au niveau fédéral.

Ce qu’il faut retenir lorsque l’on souhaite étudier au Canada

Ce qu’il faut retenir pour étudier au Canada en 2026

Venir étudier au Canada reste un projet accessible, mais il nécessite désormais une préparation plus rigoureuse qu’auparavant. Voici les points essentiels à garder en tête :

  • Choisir un établissement d’enseignement désigné (EED) et obtenir une lettre d’acceptation avant de commencer toute démarche d’immigration.
  • Anticiper les délais, surtout pour les études au Québec où les démarches se font en deux temps : CAQ provincial, puis permis d’études fédéral.
  • Démontrer des ressources financières suffisantes, avec des montants revus à la hausse en 2025–2026, tant au fédéral qu’au Québec.
  • Vérifier les conditions de travail pendant les études : restrictions sur le nombre d’heures hors campus, exigences liées au statut d’étudiant à temps plein, et nécessité que le permis d’études comporte les bonnes mentions.

Pour une installation à long terme :

  • Comprendre les règles du permis de travail postdiplôme (PTPD), incluant les nouvelles exigences linguistiques et les conditions d’admissibilité liées au type de programme et à sa durée.
  • Anticiper l’impact sur le conjoint, car l’accès au permis de travail ouvert est désormais limité aux étudiants inscrits à certains programmes (maîtrises, doctorats, programmes professionnels).
  • Penser à long terme : le PTPD constitue souvent une étape clé vers la résidence permanente, notamment via l’expérience de travail acquise après les études.

En résumé, il est recommandé d’anticiper votre parcours dès le choix de votre programme d’études. Si vous envisagez la possibilité de vous établir de façon permanente au Canada à long terme, connaître les exigences à l’avance est essentiel pour éviter les mauvaises surprises et pour assurer un parcours d’immigration fluide.

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L’utilisation du masculin vise uniquement à alléger le texte.
Photo de Joydeep Pal sur Unsplash
Le présent article contient de l’information générale en matière d’immigration, vise à en vulgariser les termes et ne constitue en aucun cas un avis juridique. Pour obtenir un avis juridique complet, contactez nos professionnels.
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