Embaucher des travailleurs étrangers temporaires en 2026 : comprendre les restrictions en vigueur
En 2026, le recrutement de travailleurs étrangers temporaires reste complexe et difficile. En effet, entre la réduction des cibles d’immigration temporaire, les gels des demandes d’Étude d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT) à bas salaire et les nouvelles exigences administratives, les employeurs doivent composer avec un cadre réglementaire en constante évolution.
Pour éviter les refus, retards ou non‑conformités, il est essentiel de maîtriser les règles en vigueur et d’anticiper leurs implications.
Les règles de base en immigration
Pour mieux comprendre l’impact des diverses mesures en vigueur, il faut maîtriser les grands principes en matière d’immigration. En d’autres termes, pour embaucher un travailleur étranger temporaire, l’employeur doit démontrer qu’il n’est pas possible de pourvoir le poste localement. Ainsi, cette démonstration passe par une demande d’Étude d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT) et conjointement avec une demande de Certificat d’Acceptation du Québec (CAQ) pour les emplois situés au Québec.
Une fois l’EIMT et le CAQ obtenus, le travailleur pourra présenter une demande de permis de travail.
Certains permis sont exemptés d’EIMT/CAQ. Ils relèvent du Programme de Mobilité Internationale (PMI).
À l’inverse, le Programme des Travailleurs Étrangers Temporaires (PTET) regroupe tous les permis nécessitant une EIMT et constitue la principale cible des nouvelles restrictions.
Le rôle du salaire
Le salaire offert pour le poste détermine le type de demande d’EIMT.
La demande d’EIMT est à « bas salaire » lorsque le salaire est inférieur au salaire médian de référence de la province ou territoire où l’emploi est exercé. Au contraire, la demande d’EIMT est à « haut salaire » lorsque le salaire est égal ou supérieur au salaire médian.
Cette distinction est déterminante, car la majorité des restrictions actuelles visent le volet « bas salaire ».
Les mesures restrictives en vigueur en 2026
Prolongation du gel des demandes d’EIMT à bas salaire à Montréal et Laval
Le gouvernement du Québec a prolongé la suspension du traitement des demandes d’EIMT à bas salaire jusqu’au 31 décembre 2026. Le gel vise les régions administratives de Montréal et de Laval.
La région administrative de Montréal comprend les municipalités suivantes :
– Baie-D’Urfé
– Beaconsfield
– Côte-Saint-Luc
– Dollard-des-Ormeaux
– Dorval
– Hampstead
– Kirkland
– L’Île-Dorval
– Montréal
– Montréal-Est
– Montréal-Ouest
– Mont-Royal
– Pointe-Claire
– Sainte-Anne-de-Bellevue
– Senneville
– Westmount
Quant à la région administrative de Laval, elle correspond à la ville de Laval.
En conséquence, il est impossible de déposer une EIMT à bas salaire pour un poste situé dans l’une de ces municipalités. Le gel s’applique également au renouvellement des permis de travail. Certains secteurs sont exemptés de ce refus.
Gel fédéral des demandes d’EIMT à bas salaires pour les Régions Métropolitaines de Recensement (RMR) où le taux de chômage est supérieur à 6,00 %
Depuis le 26 septembre 2024, aucune demande d’EIMT à bas salaire n’est traitée dans les régions où le taux de chômage dépasse 6 %.
Les taux de chômage sont mis à jour chaque trimestre. La mesure touche à la fois les demandes initiales et les renouvellements.
La durée maximale d’un permis obtenu via une EIMT à bas salaire est limitée à 12 mois. Certains secteurs, déterminés selon le code SCIAN, demeurent exemptés.
Hausse du salaire médian de référence
Le salaire médian déterminant le volet est révisé chaque année. La mise à jour la plus récente date du 27 juin 2025. Donc de nombreux postes passent automatiquement au volet « bas salaire », même s’ils étaient auparavant « haut salaire ». Par conséquent, ils deviennent soumis aux restrictions applicables lors du renouvellement du permis.
Limite de la proportion des postes à bas salaire
L’employeur peut embaucher des travailleurs étrangers temporaires jusqu’à 10 % de son effectif total par lieu de travail pour les postes à bas salaire. Toute demande d’EIMT excédant ce quota n’est pas traitée.
Toutefois, pour certains secteurs d’activité précis, identifiés par leur code SCIAN, ce quota est fixée à 20 %.
Nouvelles obligations liées aux EIMT
Exigence de français (PTET)
À compter du 17 décembre 2025, et avec une vérification prévue dans trois ans (le 17 décembre 2028), les travailleurs du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) ayant cumulé trois années de présence au Québec devront démontrer un niveau de français oral 4 afin d’obtenir un nouveau CAQ lié au travail.
Francisation obligatoire des entreprises
Depuis le 17 décembre 2025, les entreprises québécoises de 25 employés et plus doivent être conformes aux obligations de francisation pour obtenir une EIMT positive.
Le secteur agricole est exempté de ces deux obligations.
Quelles alternatives réalistes en 2026 ?
Les permis dispensés d’EIMT — Programme de Mobilité Internationale (PMI)
Les permis de travail dispensés d’EIMT peuvent constituer une alternative face aux restrictions liées aux EIMT.
Mobilité francophone pour les entreprises situées en dehors du Québec. Le programme permet d’obtenir un permis de travail d’une durée généralement de 36 mois, exempté d’EIMT. L’emploi n’a pas à être en français, mais le travailleur doit justifier sa maîtrise du français oral.
Expérience Internationale Canada (EIC) pour les 36 pays admissibles (généralement non renouvelable et soumis à des quotas saisonniers). Le programme permet d’obtenir un permis de travail d’une durée pouvant aller jusqu’à 24 mois, exempté d’EIMT. Toutefois, l’employeur se doit de soumettre une offre d’emploi électronique.
Recruter parmi les travailleurs déjà au Canada
Par ailleurs, recruter parmi les travailleurs déjà présents au Canada constitue une stratégie à considérer pour les employeurs.
Les détenteurs de permis de travail ouverts leur permettent de travailler pour n’importe quel employeur. L’employeur n’a donc pas à s’engager dans des démarches de son côté pour l’embaucher. Cependant, attention à l’anticipation des démarches avant l’expiration du permis ouvert.
Pour les travailleurs en cours de démarche de résidence permanente, différents permis de travail exempté d’EIMT sont une option en attente d’une réponse. Au Québec, les détenteurs d’un Certificat de Sélection du Québec (CSQ) accèdent à des programmes de permis de travail dispensés d’EIMT.
Ajustements à l’interne
Pour une entreprise qui aurait plusieurs entités dans des RMR différentes, le lieu d’emploi peut être une option. Par exemple, il est impossible de présenter une demande d’EIMT à bas salaire sur l’Île de Montréal. Mais cela est possible dans la RMR du Québec. Une discussion peut être entreprise avec le travailleur en question sur la relocalisation dans un nouveau lieu de travail.
De la même manière, lorsque le salaire versé au travailleur étranger temporaire est légèrement inférieur au salaire médian, une hausse peut être à considérer. Si l’entreprise peut absorber cette hausse salariale, alors cela permet de basculer dans le volet des postes à hauts salaires, et de s’affranchir des diverses mesures en place.
Attention toutefois aux enjeux d’équité salariale entre travailleurs canadiens ou résidents permanents, et travailleurs sous permis de travail.
Conclusion
En 2026, l’accès aux travailleurs étrangers temporaires est plus restreint que jamais, spécialement pour les postes à bas salaire. Les entreprises doivent désormais adapter leurs stratégies d’immigration, analyser les options disponibles et anticiper les restrictions.
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